Attribution des terres agricoles

nuit étoilée
Nuit étoilée , via Wikimedia Commons “Perseiid”, Martin Mark [CC BY-SA 4.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)]
La nuit est belle et les étoiles guident sa route. Gaël arrive bientôt à l’Assemblée des Douze Communes. Ce soir c’est lui qui animera la commission d’attribution des terres. Une vingtaine de jeunes coopératives de maraîchage attend la délibération de l’Assemblée avec enthousiasme. Toutes savent que l’important est de soigner et de multiplier la vie, quelque soit le terrain à prendre en charge.

Gaël se remémore ses débuts de maraîcher, seul sur un terrain en friche d’un hectare et demi. Il était petit et difficile à cultiver, mais c’était une parcelle ravie à la rapacité des accapareurs de terre. À cette époque, en pleine insurrection , on lui enjoignait se battre contre la concurrence, contre la nature, contre lui-même. Après ses journées de travail, il allait encore combattre le système patriarcal capitaliste dans des manifestations de plus en plus réprimées. Pour lui la violence était devenue naturelle. Mais la violence était surtout subie, celle des insurgés n’atteignait jamais, ni la violence des gouvernements, ni celle des consortiums.

Aujourd’hui, depuis l’instauration des communes libres fédérées, le travail est aboli. Chacun·e agit selon son choix et ses compétences. Dès la victoire, dans les années vingt, la préservation du vivant a été instaurée Première Loi. On a déclaré comme biens communs toutes les terres agricoles. Peu après la nourriture est devenue abondante. L’Assemblée des Douze Communes répartit le surplus chaque semaine sur son territoire et ce qui reste est envoyé aux assemblées voisines selon leur besoins. Personne n’a plus jamais peur d’avoir faim bien que les aléas climatiques provoquent toujours d’énormes dégâts dans les récoltes. Avec l’apprentissage du maintien de la vie, la première Loi a transformé les cœurs jour après jour. Maintenant la coopération a supplanté la compétition, l’entraide est naturelle, la joie et l’enthousiasme sont les moteurs principaux de l’action.

Gaël mesure l’ampleur et la beauté des changements advenus et les cicatrices qu’il porte sont ses médailles de résistant.

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